Practeez réalise une enquête sur les managers. Notre intention est de comprendre la situation des managers, observer leurs difficultés et les bonnes pratiques qu’ils mettent en place. Nous partageons ensuite ces témoignages pour permettre aux managers d’être inspirés par leurs homologues.

Gaël est directeur des ressources matérielles dans un établissement public de santé mentale. Il a d’abord été recruté comme directeur des services techniques puis son périmètre de responsabilité s’est élargi aux services économiques et logistiques et maintenant au service informatique. Il est responsable d’un ensemble actuellement composé de 142 personnes dont 15 chefs de service qu’il manage en direct.

Practeez : Combien de temps estimes-tu passer au management dans ta journée ?

Gaël Violas : Environ 20% si on parle uniquement du management des personnes. La majeure partie de mon temps, je fais plutôt de la gestion de projets.

P. : Si tu pouvais donner une image pour représenter la fonction du manager, qu’est-ce-que ce serait ?

G.V. : Je ne suis pas doué pour les images mais avec des mots je dirais : soutien aux équipes.

P. : Pour toi, quelles sont les qualités d’un excellent manager ? (Gaël choisit parmi une liste et explique)

G.V. :  

  • Cohérent : Le manager doit être cohérent entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.
  • A l’écoute : Pour soutenir ses équipes, pour être capable de les représenter vis-à-vis de l’extérieur, le manager doit avoir des qualités d’écoute.
  • Efficace : Dans son rôle de soutien aux équipes, le manager doit savoir résoudre des problèmes.

P. : Quelles sont les compétences dont fait preuve un excellent manager ? (Gaël choisit parmi une liste)

G.V. : Facilité à résoudre des problèmes et faire ressortir le meilleur de chacun

P. : Qu’est-ce que tu trouves facile dans ton rôle de manager ?

G.V. : J’ai rarement besoin d’être directif, la plupart du temps les gens savent ce qu’ils ont à faire et travaillent en autonomie. J’adopte naturellement un mode de management délégatif.

Cependant j’ai appris à être directif lorsque c’était nécessaire. En effet je constate qu’avec certains collègues le management délégatif fonctionne mal, Ils ont besoin que je sois très présent jusqu’à leur dire au quotidien quoi faire et comment le faire. Pour moi c’est plutôt désagréable mais ça fonctionne.

P. : A quelle difficulté principale as-tu dû faire face récemment ?

G.V. : Je pense à quelques personnes que j’ai dû recadrer afin qu’elles réalignent leurs actes avec la raison d’être de l’organisation. Ce sont des personnalités conflictuelles, elles mettent leur énergie dans des conflits plutôt qu’à servir la raison d’être de l’organisation qui, dans notre cas, est de prendre soin des patients.

P. : Utilises-tu des outils de management particuliers ?

G.V. : Pour commencer j’aime beaucoup les conversations authentiques, en tête-à-tête ou en petit groupe. On arrive facilement à se mettre d’accord lorsque l’on exprime clairement ce que l’on veut ou ce que l’on ne veut pas.

Ensuite, j’aime beaucoup les prises de décision par sollicitation d’avis (cf le livre Reinventing organizations de Frédéric Laloux). Avant de prendre une décision et de mener une action je demande au préalable l’avis des personnes expertes du sujet ainsi que des personnes qui vont être impactées par ma décision. Je leur partage mon intention et en fonction de leur réaction je peux maintenir, modifier ou abandonner le projet.

P. : Aurais-tu un conseil pour un manager qui aurait du mal à motiver les membres de son équipe en ce moment ?

G.V. :  Leur donner un maximum d’autonomie, faire en sorte qu’ils soient en contact direct avec leurs clients.

P. : Qu’est ce qui est le plus important pour toi pour réussir dans ton rôle de manager : la posture managériale ou les outils organisationnels ?

G.V. :  Sans hésiter : la posture.

P. : Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu changerais ici et maintenant pour rendre ton travail plus performant et fluide ?

G.V. : Rien. Je ne cherche pas à changer les autres.

P. : Comment imagines-tu l’entreprise idéale de demain ?

G.V. :  Centrée sur sa raison d’être. Et avec une vraie raison d’être, une utilité sociale.

P. : Dans ce contexte, quelles sont les compétences dont devrait disposer le manager de demain ?

G.V. : Une capacité à se connecter et à se mettre au service de la raison d’être de son organisation.

P. : Souhaiterais-tu ajouter quelque chose à cette interview ?

G.V. :  Au final, je passe relativement peu de temps à manager des personnes. Cela me fait plaisir de voir des collègues gagner en autonomie et exprimer pleinement leurs talents.

P. : Merci beaucoup Gaël d’avoir répondu à cette interview ! A bientôt

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