Le management bienveillant selon Samir H

Practeez donne la parole aux managers. Notre intention est de comprendre la situation des managers en entreprise, d’observer leurs difficultés et les bonnes pratiques qu’ils mettent en place. Nous partageons ces témoignages pour nous permettre à tous d’être inspirés et de nous rendre compte que nous ne sommes pas seuls.

Samir H. est Responsable des Opérations dans une jeune entreprise technologique      comprenant environ 60 collaborateurs et ayant une très forte croissance. Samir est entré dans cette organisation pour venir en support opérationnel.

Depuis un peu moins d’un an, il fait partie de la direction, gère des projets stratégiques et manage une équipe de 3 personnes, principalement à distance car éloignées géographiquement. Il a accepté cette interview pour partager avec vous son expérience.

Practeez : Si tu pouvais donner une image pour représenter la fonction du manager, qu’est-ce-que ce serait ?

Samir H : Obi-wan Kenobi (Star Wars pour ceux qui ne connaissent pas). Il guide les autres dans leur croissance, les fait avancer par la paix intérieure, la joie de vivre, le bien-être. En parallèle, il a ses propres combats à résoudre. Cela fait référence à mon propre cheminement intérieur tout en accompagnant une équipe. Et je suis un peu geek !

P : Pour toi, quelles sont les qualités et compétences qui font un excellent manager ?

SH :

  • Savoir formuler une vision pour son équipe
  • Coacher pour atteindre les objectifs organisationnels
  • Aider à résoudre les points bloquants (non-résolus autrement)
  • Maintenir la communication dans les deux sens (informations et feedback).

P : Qu’est-ce que tu trouves facile dans ton rôle de manager ? Qu’est ce qui est fluide ?

SH : Convenir des directions générales à prendre sur la semaine: Tous les lundis matin, on a une réunion pour faire le bilan de la semaine précédente et définir les priorités de la semaine. Juste avant mon poste actuel, j’avais exploré un monde nouveau pour moi : design thinking, agile etc. Quand je suis arrivé ici, les équipes fonctionnaient de façon agile, avec des sprints, cycles courts et rapides. L’intégration de ces méthodes s’est faite plutôt facilement.

P : A quelle difficulté principale as-tu dû faire face récemment ?

SH : J’ai fait face à une surcharge de travail. Parfois j’accomplis certaines tâches moi-même qui m’empêchent de prendre le temps de formuler une vraie vision à long terme. J’ai milles choses à faire et il n’est pas toujours facile de dégager du temps pour accompagner correctement les membres de l’équipe. Quand vraiment c’est nécessaire, j’emploie la technique de la cage de Faraday : oubliez-moi pendant quelques heures.

Quand je sens que j’ai besoin d’aide extérieure, je consulte des livres et je me fais aider. Par exemple, en ce moment je me fais accompagner par un coach.

P : Comment gères-tu le fait d’avoir trop de tâches à accomplir ?

SH : A vrai dire, cela me pèse d’avoir des emails non-lus dans ma boite mail ou des messages non-lus dans ma messagerie instantanée. Je n’aime pas avoir des sujets non-traités. Mais je travaille sur l’acceptation de “tout ne peut pas être résolu immédiatement”. Avant, je me mettais beaucoup la pression, faisant peu de pauses et essayant d’abattre un maximum de job sur la journée de travail. C’était génial, plein de choses avançaient, mais ça m’épuisait énormément. Depuis ces vacances d’été, j’essaie de me mettre moins la pression et de bien choisir mes priorités (qui changent constamment d’ailleurs). En plus, je m’impose des moments de transition quand je termine mon activité professionnelle et avant de me lancer dans ma vie perso. Le soir, je range mon ordinateur et c’est terminé. J’ai désactivé la réception d’emails pro et les notifications de messagerie. Je me sens moins épuisé, mon cerveau est moins encombré. Mais il y a encore de la marge de manœuvre!

P : Quel a été l’impact du Covid sur ton style de management ?

SH : Aucun, car l’évolution au poste de manager s’est faite pendant le covid.

P : Utilises-tu des outils de management particuliers ?

SH : Nous avons une revue des objectifs de façon trimestrielle et des réunions hebdomadaires avec les membres de l’équipe.

P : Comment est-ce que tu pourrais te sentir encore mieux dans ton rôle de manager ?

SH : Je trouve que je ne me donne pas assez de temps pour avoir des discussions avec les membres de l’équipe. J’ai parfois du mal à être présent pour l’équipe. J’ai plutôt tendance à être optimiste, je me dis que tout va bien. Et parfois on me remonte des problèmes et je sens que j’aurais dû être plus proactif en ayant conscience des signaux faibles. A vrai dire, je cherche encore ma place entre l’opérationnel, la stratégie de l’entreprise et la place de notre équipe au sein de l’organisation. Ça progresse, mais il y a encore de la marge d’amélioration.

P : Aurais-tu un conseil pour un manager qui aurait du mal à motiver les membres de son équipe en ce moment ?

SH : Trouver ce qui motive vraiment les membres de l’équipe (qu’est-ce qui les fait se lever le matin?) et ne pas rechigner à parfois dépenser quelques sous de l’entreprise pour accompagner les personnes (pas en rémunération, mais en formations ou autre).

D’ailleurs, dans l’entreprise pour laquelle je travaille     , la formation peut atteindre jusqu’à 10% de notre temps de travail.

P : Qu’est ce qui est le plus important pour toi pour réussir dans ton rôle de manager ?

SH : La posture et les outils en plus de rester un.e humain.e qui travaille avec des humain.e.s

P : Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu changerais ici et maintenant pour rendre ton travail plus performant et fluide ?

SH : Effacer mille petites tâches qui me prennent beaucoup de temps !

P : Si tu pouvais poser une question à d’autres managers, qu’est-ce que ce serait ?

SH : Comment gérer l’ambition des collaborateurs quand il n’y pas de hiérarchie pyramidale, quand nous sommes une organisation plutôt horizontale ?

P : Comment imagines-tu l’entreprise de demain idéale, en 3 mots ?

SH : Durable, agile et sympa.

Durable c’est le plus important pour moi. Cela comprend l’inclusion, notamment par une égalité hommes/femmes. Par durable j’entends également une rémunération raisonnable pour chacun et éviter les écarts trop importants.

P : Qu’est ce qui existe aujourd’hui et que l’on abandonne complètement dans l’entreprise de demain ?

SH : La bureaucratie

P : Quelles sont les compétences dont devrait disposer le manager de demain ?

SH : A l’aise avec les environnements changeants constamment, avec le digital et rester un.e humain.e.

P : Merci Samir d’avoir pris le temps de partager ton expérience de Manager !

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