Il arrive qu’un coaché ait beaucoup réfléchi à une situation sans parvenir à la regarder autrement. Les questions ont été posées, les options explorées, mais la réflexion tourne en rond. Dans ces moments-là, le coach peut avoir intérêt à introduire un support différent pour déplacer le regard.
C’est l’une des possibilités offertes par l’oracle.
Utilisé non pas comme un outil de prédiction, mais comme un support symbolique de réflexion, d’inspiration et de créativité, un oracle peut enrichir une séance de coaching et aider le coaché à explorer sa situation autrement.
L’Oracle de la Vie Professionnelle a été conçu dans cette perspective. Il peut accompagner des problématiques aussi variées que la reconversion, les relations professionnelles, le management, la prise de poste, la recherche de sens, la place dans l’entreprise, la carrière ou encore le développement d’une activité.
Son intérêt ne réside pas dans une réponse que la carte apporterait. Il réside dans ce qu’elle permet au coaché de voir, de ressentir, d’associer et de formuler par lui-même.
L’oracle ne donne pas la réponse : il ouvre une réflexion
Dans le coaching, le rôle du coach n’est pas de donner une solution au coaché. Il l’accompagne pour clarifier sa situation, prendre du recul, identifier ses ressources et construire ses propres réponses.
L’oracle peut parfaitement s’inscrire dans cette démarche.
Une carte tirée au hasard ne dit pas au coaché ce qu’il doit faire. Elle lui propose un point de départ inattendu : une image, un mot, une phrase, un chiffre ou un symbole.
Et chacun peut y voir quelque chose de différent.
Une même carte peut évoquer une compétence chez une personne, une expérience chez une autre, un événement, une croyance, une relation ou encore une situation professionnelle précise.
Le sens n’est pas à chercher dans la carte elle-même : il se construit dans ce qu’elle fait émerger chez la personne qui la regarde.
Le hasard pour déplacer le regard
Nous sommes habitués à chercher des réponses en nous appuyant sur notre expérience, nos connaissances, les conseils des autres ou l’analyse rationnelle d’une situation.
Cette capacité d’analyse est précieuse. Mais elle peut aussi nous conduire à reproduire des modes de réflexion déjà connus.
Le tirage au hasard introduit un élément que nous n’avions pas choisi.
Une image que nous n’aurions pas sélectionnée, un mot auquel nous n’aurions pas pensé, un chiffre qui nous interpelle : autant d’éléments susceptibles d’interrompre, ne serait-ce qu’un instant, nos habitudes de pensée et de déplacer notre regard.
La question devient alors moins :
« Quelle est la bonne réponse ? »
que :
« Qu’est-ce que cela me fait voir, penser ou ressentir ? »
Ce déplacement peut favoriser l’ouverture, la créativité et l’émergence de nouvelles associations.
Il ne s’agit évidemment pas d’attribuer au hasard une capacité prédictive. C’est la réaction du coaché à ce qui se présente qui devient matière à exploration.
La question : le véritable point de départ
Avant même de tirer une carte, le travail de coaching est déjà à l’œuvre.
Un coaché peut arriver avec une demande très large :
« Je ne sais plus quoi faire de ma carrière. Est-ce que je devrais rester dans mon poste ou changer ? »
Le rôle du coach va notamment consister à l’aider à préciser ce qu’il souhaite réellement explorer.
La question posée à l’oracle peut alors devenir :
« Quelle inspiration pour imaginer un futur professionnel dans lequel je puisse à la fois me développer et contribuer au monde ? »
Ou :
« Quel prochain petit pas pourrait m’aider à avancer vers ce futur ? »
Cette étape est essentielle. La qualité de la question conditionne largement la qualité de l’exploration qui suivra.
Le coach aide le coaché à passer d’une préoccupation générale à une question ouverte, précise et responsabilisante.
C’est une des spécificités de l’utilisation d’un oracle en coaching : la carte intervient après le travail de clarification, et vient soutenir le processus plutôt que s’y substituer.
Une carte, plusieurs portes d’entrée
Une carte peut être explorée de différentes manières.
L’image constitue évidemment une première porte d’entrée. Le coaché peut être attiré par un détail, une attitude, une couleur, une situation ou un élément auquel le coach n’aurait pas prêté attention.
Mais l’image n’est pas le seul support.
Les mots-clés, les textes et les chiffres peuvent eux aussi déclencher une réflexion.
Un mot peut faire surgir une expérience, une compétence, une croyance ou une personne. Un chiffre peut rappeler une date, une anecdote, une étape de vie ou un événement. Un texte peut provoquer une réaction, confirmer une intuition, faire émerger une question ou ouvrir une piste inattendue.
Ce qui compte n’est donc pas seulement ce que représente la carte, mais ce qu’elle réveille chez le coaché.
Le coach peut alors demander :
- « Qu’est-ce qui attire votre attention en premier ? »
- « Quel mot vous interpelle ? »
- « Qu’est-ce que cette image vous évoque par rapport à votre situation ? »
- « À quoi ce chiffre vous fait-il penser ? »
- « Qu’est-ce qui vous surprend dans cette carte ? »
- « Qu’est-ce que ce texte fait résonner pour vous ? »
- « Qu’est-ce que cela vous donne envie d’explorer ? »
La carte devient ainsi un objet de conversation qui peut faciliter l’accès à une réflexion parfois profonde, et cela parfois assez rapidement.
Le rôle du coach : accompagner l’exploration
Utiliser un oracle ne consiste pas à tirer une carte et à en donner l’interprétation au coaché.
Le rôle du coach reste central.
Il accompagne d’abord la formulation de la question. Puis, une fois la carte tirée, il aide le coaché à observer ce qui se passe pour lui.
Il peut l’inviter à dépasser la première évidence, à regarder un élément moins confortable, à considérer une autre possibilité ou à faire un lien avec sa situation professionnelle.
Le coach peut également partager sa propre lecture, à condition de la présenter clairement comme une hypothèse parmi d’autres :
« De mon côté, cette image me fait penser à… Est-ce que cela vous parle ? »
Le coach ne cherche pas à révéler ce que la carte « signifie ». Il aide le coaché à explorer son propre sens.
C’est là que le libre arbitre reste au centre.
L’oracle n’apporte pas LA réponse. Il ouvre d’autres possibilités et peut aider le coaché à trouver ses propres réponses.
Des réponses qui peuvent être plus personnelles, plus conscientes et davantage en accord avec ce qui compte pour lui.
À quels moments utiliser une carte en coaching ?
L’utilisation d’une carte n’a pas vocation à devenir systématique. Elle peut être pertinente lorsqu’elle répond à une intention de coaching : ouvrir, approfondir, déplacer le regard ou ancrer une prise de conscience.
En début de séance
Une carte peut aider le coaché à se poser et à entrer rapidement dans la séance.
Elle peut installer un espace de calme et de confiance et permettre d’identifier rapidement ce qui mérite d’être exploré.
Au cours de la séance
Elle peut ouvrir une nouvelle piste lorsque la réflexion tourne en rond ou lorsque le coaché souhaite explorer une situation autrement.
Par exemple :
« Qu’est-ce que nous n’avons pas encore regardé dans cette situation ? »
Ou :
« Quelle ressource pourrais-je activer pour aller de l’avant ? »
La carte peut également permettre d’approfondir une réflexion déjà engagée, en apportant un nouvel angle de vue.
En fin de séance
Une carte peut aider le coaché à faire le bilan de ce qui s’est joué pendant la séance et à identifier ce qu’il souhaite en retenir.
Par exemple :
« Quelle ressource puis-je garder avec moi pour la suite ? »
Ou :
« Qu’est-ce que j’ai envie d’emporter de cette séance ? »
La carte peut alors devenir un point d’ancrage entre la réflexion menée pendant la séance et ce que le coaché choisira d’en faire dans les jours ou les semaines qui suivent.
Trois situations professionnelles
Une reconversion après 25 ans dans le même métier
Un coaché exerce le même métier depuis 25 ans. Il sent qu’il souhaite évoluer, mais ne sait pas encore vers quoi.
Chercher immédiatement « le bon métier » risque de réduire la réflexion. Le coach peut d’abord l’aider à explorer ce qu’il souhaite pour la suite de sa vie professionnelle.
Une question pourrait être :
« Quelle inspiration pour imaginer un nouveau futur professionnel dans lequel je puisse me développer et contribuer au monde ? »
La carte peut alors aider à nourrir le rêve, à identifier des envies, des valeurs ou des directions encore peu formulées.
Une fois une piste identifiée, la question peut évoluer :
« Quel prochain petit pas pourrait m’aider à avancer vers ce futur ? »
Le symbole devient alors un support pour passer progressivement de la projection à l’action.
Une prise de poste
Un manager s’apprête à prendre un nouveau poste.
Plutôt que de chercher à prédire comment cette prise de fonction va se dérouler, une question responsabilisante pourrait être :
« Quelle ressource puis-je activer pour prendre ce poste aussi sereinement que possible ? »
Ou :
« Quelle pourrait être ma boussole dans cette prise de poste ? »
La carte peut faire émerger un point d’attention, une ressource ou une attitude que le coaché souhaite garder à l’esprit.
Une relation professionnelle difficile
Un coaché rencontre une difficulté avec son manager.
L’oracle ne va évidemment pas déterminer qui a raison ou prédire l’évolution de la relation.
Il peut en revanche ouvrir une autre piste :
« Qu’est-ce que j’ai à comprendre de cette situation ? »
Ou :
« Sur quoi puis-je mettre mon attention pour contribuer à une relation plus harmonieuse ? »
La question ramène ainsi le coaché vers sa propre marge d’action et sa responsabilité.
L’oracle ne remplace pas les autres outils et approches du coach : il offre une possibilité supplémentaire d’explorer la situation.
Un outil à utiliser avec discernement
Comme tout outil, l’oracle demande une utilisation adaptée.
Le consentement du coaché d’abord. Il peut être proposé, mais jamais imposé. Si le tirage au hasard crée de l’inconfort, il est possible de proposer une carte visible et de laisser la personne choisir celle qui l’attire.
La posture du coach ensuite. L’oracle n’est pas utilisé pour prédire, décider ou apporter une vérité extérieure. Le coach accompagne l’exploration et veille à préserver l’autonomie du coaché.
L’état du coaché enfin. Lorsqu’une personne est fortement stressée ou submergée par une situation, le premier besoin peut être de l’accueillir et de lui permettre de retrouver suffisamment de calme avant de chercher à explorer une question avec une carte.
Enfin, la formulation des questions est essentielle.
Pour rester dans une posture de coaching, on privilégiera des questions ouvertes et responsabilisantes plutôt que des questions prédictives.
Non pas :
« Que va-t-il se passer si je prends ce poste ? »
Mais plutôt :
« De quoi ai-je besoin pour réussir cette prise de poste ? »
Dans un cas, on cherche une réponse extérieure. Dans l’autre, on aide la personne à développer sa capacité à réfléchir et à agir.
Un outil qui enrichit la pratique du coach
Les observations faites lors de l’utilisation de l’oracle font apparaître plusieurs effets intéressants : des prises de conscience, un espace de calme propice à la réflexion, l’émergence de nouvelles idées, mais aussi davantage de confiance dans des choix ou des décisions envisagés.
La surprise est également fréquente.
Une carte arrive, un mot résonne, une image fait écho à une expérience précise, un chiffre rappelle un événement. Le coaché découvre parfois une association qu’il n’avait pas envisagée.
Ce n’est pas parce que la carte détenait cette information.
C’est parce qu’elle a permis de faire émerger quelque chose qui était déjà là, mais qui n’avait pas encore été formulé.
C’est peut-être là que réside l’intérêt principal de l’oracle en coaching professionnel : offrir une autre porte d’entrée vers la réflexion, sans retirer au coaché la responsabilité de ses choix.
L’oracle ne donne pas la réponse à la place du coaché. Il peut l’aider à trouver ses propres réponses, avec un regard nouveau, davantage de clarté et de confiance.
Pour aller plus loin
L’Oracle de la Vie Professionnelle est un support spécifiquement conçu pour accompagner les réalités du monde professionnel. Ses images, ses mots-clés, ses chiffres et ses textes offrent différentes portes d’entrée pour explorer une situation, une question ou une intention de coaching.
Mais il n’est évidemment pas le seul support possible. Intuiti, L’Oracle des Saisons, Dixit et d’autres jeux de cartes ou oracles peuvent également être utilisés comme supports de réflexion et de créativité. L’essentiel reste la manière dont le coach choisit de les intégrer dans son accompagnement.
Si vous souhaitez découvrir L’Oracle de la Vie Professionnelle, il est disponible en version imprimée et en version digitale : www.oracleviepro.com.
Et si vous souhaitez apprendre à intégrer les cartes et l’intuition dans votre pratique de coaching, des formations sont régulièrement proposées. Elles permettent d’expérimenter l’outil, de travailler la formulation des questions, la posture du coach et différentes façons d’utiliser les cartes en accompagnement : https://www.practeez.com/webatelier/formations-a-loracle-de-la-vie-professionnelle/
Image par Comme un Déclic